A nous, les baigneurs

A nous, les baigneurs

 

La plage, c’est tendre. Rester immobiles,  se bercer dans ses pensées, scrutant lentement les voisins entassés, si proches, inconnus. Inévitablement enregistrer les détails de leur peau, de leur carnation, les trames des maillots, les serviettes humides. Rester comme ça, tranquille longtemps. A la plage on s’expose, honnêtes, sans rien  cacher, dociles et réalistes. A la plage il y a l’espace pour rester suspendus, dans le sommeil public. La paresse est nécessaire.  Rester allongé, placide, des lézards lucides et huilés. Sommeiller en état demi-hypnotique.  Autour  tout brille. Les maillots colorés, les ventres arrondis, les cuisses, les épaules, les poils, les pieds, les chevelures, les ongles, les crèmes solaires, les têtes chauves, les moches et les beaux, les grands et les petits, les lunettes, les jeunes lisses et les  vieux ridés, les enfants veloutés.  Les regards rebondissent gentiment.

 

Virginia Manzitti

2005-2013

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